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Désinfection de réseaux eau chaude sanitaire

Généralités sur la maladie

Données Médicales
 

La légionellose a été identifiée en 1976 aux Etats Unis (Philadelphie) après qu'une épidémie ait contaminé les participants d'un congrès de l'Américan Légion, entraînant le décès de trente quatre d'entre eux.

Les légionelloses sont des infections provoquées par des bactéries de genre legionella (comprenant 39 espèces et plus de 50 séro-groupes).

On distingue deux tableaux clinique différents :

La maladie du légionnaire peut être mortelle. Ses symptômes sont les mêmes que ceux d'une pneumonie aiguë. Elle peut être guérie par un traitement antibiotique rapide et approprié et qui n'est hélas, pas le même que pour la pneumonie. On estime le taux de mortalité due à la légionellose à 15 %.
La fièvre de Pontiac s'apparente à une forte grippe et se résorbe spontanément dans un délai de 2 à 5 jours.
Les deux affections sont initialement caractérisées par une asthénie, une fièvre élevée (40°C), des myalgies et des céphalées, etc.

Facteurs de risques individuels

Les facteurs de risques de développer une légionellose sont les suivants :

- âge croissant
- sexe masculin (sexe ratio m/f = 2,5)
- tabagisme, alcoolisme
- immuno-dépression, cancer, diabète, etc
- affection respiratoire chronique, etc


- Transmission


- Aérienne par inhalation d'eau contaminée diffusée en aérosol (douche, vapeur, etc…)
- D'autres modes de transmission sont possibles (ingestion), mais n'ont pas été prouvés
- Pas de transmission inter humaine rapportée


Les sources de contamination


Les sources de contamination incriminées dans les épidémies sont le plus souvent des installations engendrant une multiplication de legionella dans l'eau (température optimale 37°C) et une aérosolisation :

- circuits de distribution d'eau chaude sanitaire alimentant des douches
- systèmes de climatisation et tours aéro-réfrigérantes
- bassins utilisés pour la détente, la balnéothérapie ou le thermalisme dans lesquels l'eau est chaude (> 30°C) et agitée (bains à remous, bains à jets)
- équipements médicaux pour traitements respiratoires par aérosols
- eau thermale
- fontaines décoratives, etc


Parmi toutes ces sources, les circuits d'eau chaude sanitaire représentent la cause la plus fréquente d'infections.


Données bactériologiques


La legionella pneumophila est une bactérie aérobie, bacille Gram négatif, d'origine hydrique, cultivable sur milieu spécifique BCYE.

Les legionella sont des organismes ubiquitaires tout à fait banals dans l'environnement.

Conditions optimales de développement :

· PH 6,9 + 0,5

·Température de 37°C

· Présence de L cysteine et sels de fer

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Mesures de prévention

Mesures théoriques préconisées par le bulletin
épidémiologique hebdomadaire n° 20-22/1997

Mesures de prévention

1. A court terme (choc)
2. A long terme (mesures permanentes)

 

1. MESURES DE PREVENTION A COURT TERME : TRAITEMENT DE CHOC :

 

A/ Eléments de robinetterie :

 

Si l'état d'usure le nécessite :

- remplacement de tous les joints, filtres de robinet, pommes de douche, etc

Dans le cas contraire, les éléments subiront :

- détartrage dans une solution acide (acide sulfamique, acide acétique)

- désinfection dans une solution d'au moins 50 mg de chlore libre par litre d'eau froide pendant 30 minutes.

Tous les éléments neufs devront être désinfectés avant leur mise en place.

 

B/ Réservoirs ou ballons :

 

Vidange complète, nettoyage et détartrage des réservoirs, rinçage.

Désinfection selon l'une des deux méthodes :

- Soit choc chloré :

Hyperchloration pendant 24 heures avec du chlore à concentration de 15 mg/l de chlore libre dans l'eau froide destinée à être réchauffée, ou 50 mg/l pendant 12 heures, suivie d'un rinçage.

- Soit choc thermique :

Elévation de la température du réseau d'eau chaude sanitaire > 70°C en sortie de tous les robinets (en laissant couler l'eau chaude environ 30 minutes).
Ces mesures de désinfection ont un effet limité dans le temps ; il est donc nécessaire de mettre en place des mesures permanentes.

 

2. MESURES DE PREVENTION A LONG TERME

 

- Surveillance de la qualité de l'eau
- Mesures de maintenance et d'entretien courant :

Une fois par an, vidange, curage, nettoyage et désinfection des réservoirs, chauffe-eau et canalisations
Le détartrage des douches, minimum une fois par an
Les produits chimiques utilisés doivent être agréés
Lutte contre l'entartrage : adoucissement
Lutte contre la corrosion : traitement filmogène

Mesures plus drastiques si nécessaire en ce qui concerne l'eau chaude sanitaire pour établissements thermaux et de soins.
Maintien en permanence de chlore dans le réseau pour obtenir en sortie de robinet une concentration comprise entre 1 et 2 mg/l chlore libre.
Il faut profiter des travaux de plomberie pour supprimer bras morts et
tuyaux borgnes.
Pour limiter la production de trihalométhane, il est recommandé de ne pas dépasser la concentration de 3 mg/l de chlore libre.
Dans les établissements sensibles, préférer la production d'eau chaude instantanée aux ballons de stockage.

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Analyse

Lieux de prélèvement :

- ECS > points de puisage d'eau chaude sanitaire
- ECS > partie basse des ballons de stockage
- EFS > si la température est anormalement élevée > 25°

Modalités de prélèvement :

- Un litre d'eau dans un flacon stérile
- Lorsque l'eau prélevée est traitée par un biocide oxydant, le flacon doit contenir du thyosulfate de sodium à 0,50 %
- Si la contamination au point d'usage dans des conditions normales d'utilisation est recherchée, le prélèvement sera fait sans flambage, en prenant le premier jet d'eau à la température d'utilisation.
- Si la contamination du réseau en amont du point d'usage est recherchée, les points de prélèvements devront être flambés et le prélèvement effectué après écoulement prolongé.
- Il est important de rechercher la reproductibilité pour les prélèvements destinés à comparer la contamination dans l'espace ou dans le temps.


Modalités de transport :

- Les échantillons doivent être transportés en glacière et acheminés au
laboratoire agréé en moins de 48 heures. En cas d'attente, conserver à
+ 4° avant l'envoi . Ne pas congeler.

Laboratoires d'analyses :

Recherche qualitative et quantitative de la legionella dans l'eau effectuée selon la norme AFNOR NT-90-431 (novembre 1993)

Les résultats complets des analyses sont en général disponibles sous 10 à 15 jours.


Interprétation des résultats :

Seule l'évolution quantitative doit être considérée.
Les résultats d'analyses serviront à évaluer l'efficacité du traitement.
Pour les réseaux de distribution d'eau chaude sanitaire, il n'existe aucun texte réglementaire fixant une densité maximale admissible de legionella. Il est reconnu qu'en dessous d'une densité de 1000 UFC/litre le risque d'apparition de cas de légionellose est très faible.

Le risque de contamination varie en fonction de l'état immunitaire des personnes exposées, de la densité et de la durée d'exposition aux aérosols contaminés.

 

Niveau bactérien Appréciations Traitement
Inférieur à un germe/l excellent Ne pas modifier
De un à 10 Très bon Ne pas modifier
De10 à 100 Bon Ne pas modifier mais être vigilant
De 100 à 1 000 moyen Ne pas modifier mais être vigilant
De 1 000 à 10 000 mauvais Sous-dosage - Adapter le traitement à la situation
De 10 000 à 100 000 mauvais Sous-dosage - Adapter le traitement à la situation
Supérieur à 100 000 Très mauvais Nettoyer le circuitReconsidérer le traitement

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Chloration

Les produits utilisés dans le traitement de l'eau potable sont :

- le chlore gazeux
- l'eau de javel (NaOcl)

La désinfection avec l'eau de javel permet d'éliminer la majorité des micro-organismes pathogènes de l'eau. La chloration n'est pas une stérilisation.

La désinfection des eaux avec des produits chlorés comporte deux étapes importantes :

Effet bactéricide : capacité à détruire les germes

Effet rémanent : effet du désinfectant qui se maintient dans le réseau de distribution et permet de garantir la qualité bactériologique de l'eau. C'est un effet bactériostatique contre les réviviscences bactériennes et un effet bactéricide contre des pollutions faibles et ponctuelles survenant dans le réseau.

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Traitement d'entretien

La propreté des circuits (absence de tartre et de corrosion) est un facteur
déterminant de diminution des risques de contamination. Il est donc nécessaire de mettre en place un traitement filmogène pour prévenir ces risques.

Le maintien d'un taux de 2 mg/l de chlore libre à un pH inférieur à 8 permet d'éliminer les bactéries de genre legionella.

Une diminution du dosage (< à 1 mg/l) sera effectuée si le comptage des UFC (unités formant les colonies) le permet.

La solution d'eau de javel (Hypochlorite de sodium NaOcl) peut être ajoutée à l'eau sous deux formes différentes :

- soit sous sa forme commerciale (48° chlorométrique)
- soit sous une forme diluée (cas de faibles débits).
Dans ce cas, la dilution doit se faire en eau adoucie pour éviter une précipitation calcique qui pourrait créer des dysfonctionnements de l'appareillage et de l'installation.

NB : 1° chloro = 3,17 g/l de chlore libre ou actif.


Recommandations :


Diluer avec de l'eau adoucie

Ou dans le cas d'une eau non adoucie, introduire dans le bac avant chaque remplissage, environ 50 g d'hexamétaphosphate de sodium pour 100 litres d'eau.

Mode d'injection


L'injection de chlore se fera par l'intermédiaire d'une pompe doseuse pilotée par un compteur émetteur d'impulsions (dosage proportionnel à l'appoint d'eau).
Cette injection aura lieu sur l'appoint d'eau froide destinée à être réchauffée et sera sécurisée par un rédoxmètre placé sur le retour de boucle ECS.

La concentration en chlore va être proportionnelle avec la mesure rédox.

Dans le cas d'un surdosage, une coupure de la pompe sera effectuée par le rédoxmètre.

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Procédé Socomari

1 PREALABLES


1)L'évolution du nombre de légionnelles et l'état des installations déterminera les moyens à appliquer (traitement de choc et/ou traitement continu).


2) La suppression des bras morts est indispensable à un traitement efficace.

3) Le traitement de choc thermique et/ou chloré est très efficace mais peut endommager une installation fragilisée (risques de perforation).

4) Un traitement en continu est indispensable afin de prévenir une recolonisation des bactéries qui peut intervenir deux ou trois semaines après un traitement de choc.

5) Tout traitement à base de chlore doit être associé à un traitement filmogène contre le tartre et la corrosion .


2 PRINCIPE DU TRAITEMENT SOCOMARI


1) Choc chloré
En fonction des possibilités, il sera précédé d'un choc thermique. Ce choc chloré consiste en l'injection à forte dose de chlore dans l'installation sur une période de 12 heures.
2) Traitement en continu
Consiste en l'injection de chlore proportionnelle à l'apport d'eau et sécurisée par un rédoxmètre sur le retour de la boucle ECS (en cas de surdosage en chlore, le rédoxmètre coupe l'alimentation de la pompe). Socomari préconise fortement l'installation d'un enregistreur permettant d'imprimer sur papier les données rédox. Il permet ainsi de valider et de conserver un historique sur le bon fonctionnement du traitement.

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